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Confusion
9 octobre 2015

Une succession de croisements, de petites ou grandes décisions qui font ce que nous sommes, ce que nous ne sommes pas. Pensez-vous au conditionnel ? Moi, ça m’arrive de temps en temps. Comme aujourd’hui.

Et si…

Ce n’est pas de la nostalgie, ni même de la tristesse, juste une curiosité un peu enfantine, comme de regarder par le trou de la serrure la vie que l’on aurait pu avoir, lever un petit coin de voile sur cet étranger qui aurait pu être nous, sur l’existence que l’on aurait pu mener.

Et si j’avais…

Pour être tout à fait honnête avec vous, je suis frappé de voir que l’on est plus souvent le fruit d’une absence de décision que d’une série d’actes fondateurs. A croire qu’entre le destin, cette force suprême, et le légume, qui par nature ne décide pas grand-chose, il y a nous. Nous, ballotés, bardés de l’illusion, de l’arrogance plutôt, que l’on maîtrise quelque chose. Alors qu’en réalité on ne peut guère faire plus qu’assumer, ou pas, ses décisions ou absence de décisions. C’est une question de lucidité. C’est chiant la lucidité. L’ignorance est mère de tous les plaisirs ; des petits plaisirs il est vrai, mais des plaisirs calmes et sereins. Des plaisirs de légumes.

Et si j’avais fait…

C’est une question de nature, sûrement. Une question de capacité, probablement. Une question d’envie, très certainement… J’ai très tôt appris dans les marchés financiers que l’absence de décision était, par nature, une décision. Ne rien faire, c’est choisir ! La vie m’a enseigné également que ne pas choisir ne menait pas au bonheur, bien au contraire, et que seul l’engagement clarifiait un peu, donnait du sens aussi, à ce chaos. Facile à dire…

Et si j’avais dit…

Question de nature évidement… La mienne n’est pas vouée à l’introspection, encore moins à m’ouvrir aux autres. Ceci dit, étant plus viande que légume, je m’amuse aujourd’hui à imaginer un fil à partir de quelques bifurcations, je repasse certains de mes silences assourdissants, de mes absences, de mes lâchetés. Grandes ou petites, ce n’est pas la question. Non, ce qui est amusant, c’est de les repérer. Et si j’avais crié au lieu de me taire, si j’avais osé…

Et si j’avais aimé…

Un de mes plus gros problèmes c’est que, pour avancer, je dois tout fermer. Pour que les sentiments passent, pour que j’imprime les sensations, j’éteins les lumières, je coupe les robinets. Pas penser, pas réfléchir. Un peu contradictoire, me direz-vous ? Pas tant que cela. L’amour est comme la foi, c’est lorsqu’elle vous submerge qu’elle prend sa place véritable. Bon, pour la foi, il y  encore du boulot, mais pour l’amour, le vrai, ça doit marcher comme ça, ou ne pas être. Mais, ça n’arrive qu’une fois ?

Et si c’était trop tard…  

Là aussi, c’est une question de nature. Trop tard, trop tôt, pas le bon moment… Pour les personnalités un peu chahutées, le timing n’est jamais le bon. Donc, pas penser, pas réfléchir… La prochaine fois, c’est décidé, je plonge !

Et si c’était une erreur…

Avancer, c’est se tromper de chemin, quelquefois. Tomber, souvent. Mais se relever, tout le temps. Vivre passionnément, corps et âme, ou ne pas vivre du tout. Une exigence solitaire et silencieuse. C’est fatiguant d’être comme moi…

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