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Une vie, un voyage, une histoire...

 
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Le bouton au milieu des deux photos au-dessus, vous voyez ? Un clic, glissez à droite, puis à gauche et… le décor change, la vie change et vous glissez tout comme j’ai glissé.
Il y a quelques années, j’étais dans un autre monde. Un monde d’imposteurs et en quelque sorte, j’en étais le seigneur. Wall Street, j’achète et je vends, secret bancaire et grandes fortunes, les regards sont silencieux et les rires bien trop bruyants… Champagne ! Et puis comme toutes les bulles, elles montent, elles montent et elles explosent. Une bulle n’est jamais décevante. Elle ne ment que rarement. Jamais elle ne cachera que tout ce qui monte, explose et redescend… plus ou moins brutalement. Il y a quelques années, j’étais dans un autre monde et durant une nuit qui n’avait pourtant rien d’exceptionnelle, quelqu’un est mort. Et à l’aube, une aube dont je retiens chaque couleurs, j’étais devenu un écrivain.
Alors…

 
 
coffe sq

− Un expresso, s’il vous plait.
Genève, une terrasse de café en plein hiver, un ciel encrassé et le jet d’eau qui sur le lac s’épuise à arroser les nuages. A l’aube, je dépose les premiers lettres. Consonnes et voyelles, un mot et puis un autre, sans rien savoir, un pied après l’autre… j’avance. Ecrire le jour et la nuit, se fondre et se confondre dans la mélodie jusqu’à devenir soi-même, une note de musique… Etrange sensation, puisque pour la première fois, en me perdant, j’avais trouvé ma place. Apprentissage et soumission. L’histoire prend le contrôle et je n’ai pas d’autre choix que de devenir le passager clandestin de mon roman. C’est mon héros qui pilote. De Genève, je m’envole à Miami. Première étape. Gabriel est né ici.
Et ici, c’est…

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La chaleur et l’humidité, Gabriel s’épanouit dans les climats contrariés. Et l’histoire encore une fois qui m’emporte. Le Guatemala et ses volcans et puis une longue étape au Maroc. Du Maroc, je connaissais les courbes d’un corps et des yeux noirs, mais de ses paysages, je ne savais rien. Alors m’installer à Rabat, puis Casa et enfin Marrakech. Les prémisses du deuxième tome auront donc un gout épicé. Et puis la Turquie, Hong Kong ou Paris, le troisième tome aura des pierres de tailles et un parfum de sixième arrondissement. Et Miami encore, et New York et… j’ai perdu le fil !
J’ai perdu le fil, mais l’essentiel est que…

 
 
computer sq

L’écriture d’un livre est une histoire d’amour. Si certain composent dans le confort, ma relation avec l’écriture est un peu excessive. Sur une peau, contre des lèvres ou dans une larme, j’ai dévoré le monde avec ou au travers de Gabriel. Des rencontres, pas mal d’aventures et la solitude aussi. Se réveiller, étendre un bras, caresser un drap et brasser le vide. Ouvrir les yeux et ne plus rien savoir de l’endroit où l’on se trouve. Allumer l’ordinateur et comme par magie, retrouver les fondations. Cet ordinateur est ma maison et cette histoire, c’est mon plancher, mon toit, mon passeport et mon identité.
Parce que je me souviens…

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Wall Street était ma bulle. Nous avons tous des bulles, mais celle-là était opaque. Et lorsque l’écriture m’a choisi, elle a également décrété un rapport au monde un peu singulier. Hors du temps, dans la composition d’un roman, on magnifie chaque moment. Extirper la saveur, travailler le relief et sculpter chaque phrase comme si l’avenir des hommes en dépendait. Observateur de l’instant, reporteur ou chroniqueur d’une vie, je jardine les paysages et cisèle les traits de mes personnages. Wall Street ou l’écriture, d’une bulle à l’autre, avec une différence notable puisque dans l’écriture, j’ai la conviction d’avoir trouvé ma place. D’avoir enfin trouvé ma vérité intime. Et cette vérité est la plus belle des libertés et croyez-moi, elle vaut tous les millions.
Et dans cette liberté….

 
 
yaya

Partager mon regard, et de toutes mes forces, croire que vos yeux et les miens se retrouveront dans cette histoire. De l’écriture à la lecture, un rendez-vous mystérieux. Et finir entre vos mains, c’est une perspective savoureuse.
Mais l’essentiel de mon parcours est et sera toujours dans un sourire. Une prise de distance, un masque ou une gourmandise, c’est ce sourire qui m’a toujours servi de refuge.
Un ordinateur, l’écriture et un sourire comme horizon…

Prendre le temps… Palette de pastels à un endroit, puis couleurs éclatantes à un autre. Il y a le goût, il y a les odeurs. Et un roman, c’est un jardin un peu particulier. – YLV